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| Professeur Ndiaga Loum (image Cesti) |
Ndiaga Loum, a été l’invité du Cesti, à
l’occasion de ses journées de carrefour d’actualité. Juriste, politologue et
professeur en Sciences de l’information et de la communication, M. Loum estime
que la cohabitation entre pouvoir et médias « a longtemps été difficile et
est souvent source de tensions au Sénégal du fait que le premier veuille
toujours avoir une mainmise sur le second ». Il s’exprimait ainsi sur le
thème : « Rapports entre Pouvoir et Médias au Sénégal ».
La presse a été un long processus de luttes syndicales au Sénégal. C’est en tous
cas l’avis de Ndiaga Loum. Selon M. Loum, qui s’exprimait ainsi lors d’une
conférence au Cesti, il s’agissait d’une presse d’opinion, de propagande. « Mais
cette presse n’était pas vulgarisée partout au Sénégal ; elle n’était
présente que dans les communes de plein exercice », a-t-il expliqué. Sous
Senghor, par exemple, note le politologue, c’était un décalage réel entre
l’image politique que le Sénégal cherchait à véhiculer et la réalité du
terrain. « Senghor a toujours essayé d’étouffer les revendications
sociales en contrôlant les médias. La radio devient un moyen de pression
pendant tout son le régime », déclare-t-il.
Aux yeux du politologue, les politiques avaient alors toujours une explication pour justifier leur mainmise sur les médias. Ils cherchaient coûte que coûte, selon ses dires, à toujours tenter d’étouffer les velléités d’indépendance et d’autonomie des médias, notamment ceux privés. « En 1989, des journalistes furent arrêtés du fait de leur opposition au régime », se souvient le professeur en Sciences de l’Information et de la Communication. Pour lui, le président Senghor ne pouvait pas accepter les mouvements sociaux avec surtout l’émergence d’une presse privée qui, selon lui, allait à l’encontre des intérêts de l’Etat.
Aux yeux du politologue, les politiques avaient alors toujours une explication pour justifier leur mainmise sur les médias. Ils cherchaient coûte que coûte, selon ses dires, à toujours tenter d’étouffer les velléités d’indépendance et d’autonomie des médias, notamment ceux privés. « En 1989, des journalistes furent arrêtés du fait de leur opposition au régime », se souvient le professeur en Sciences de l’Information et de la Communication. Pour lui, le président Senghor ne pouvait pas accepter les mouvements sociaux avec surtout l’émergence d’une presse privée qui, selon lui, allait à l’encontre des intérêts de l’Etat.
Le
pluralisme médiatique va être une réalité au Sénégal après le départ de Senghor
du pouvoir. Cependant, le développement de la presse privée, de l’opinion de Ndaiga
Loum, va subir une pression des pouvoirs publics. Elle est accusée d’être une
presse de connivences, d’incitations aux soulèvements populaires et d’être la
source des revendications sociales et syndicales, détaille-t-il.
Les
partis politiques ont dès lors joué un rôle majeur pour la promotion mais
surtout pour l’indépendance des médias dans l’exercice de leur métier. C’est
ainsi que « l’éternel opposant au
régime socialiste », Abdoulaye Wade, va instrumentaliser les médias
afin, se convainc le juriste. Pendant sa
campagne électorale de 2000, cite-t-il à titre illustratif, le secrétaire
général du parti démocratique avait pris l’engagement de libérer la presse
« de l’étau et du musèlement du régime socialiste ». Vilipendant ainsi
les médias de propagande en faveur du président Abdou Diouf pendant son
magistère, poursuit-il, comme le quotidien national ‘’Le Soleil’’, Abdoulaye
Wade avait estimé que la pression dont était victime les journalistes devrait
être combattue. Pour ce faire, le pape du ‘’Sopi’’ s’appuya alors sur la
presse. A ce propos d’ailleurs, les médias ont beaucoup contribué sur sa
campagne électorale. « Ce qui lui permet, affirme M. Loum, de renverser en
2000 Abdou Diouf de la tête du pouvoir et devient le premier président de
l’alternance ».
Contre
toute attente, l’euphorie née de l’alternance en faveur de l’indépendance et
d’une liberté de la presse au Sénégal va voler aussi vite en éclats. « Le
contrôle des médias est plus accru pendant le règne de Abdoulaye Wade »,
soutient-il. Ce dernier a été, selon M. Loum, celui qui a le plus dans
l’histoire politique du Sénégal exercé de pression sur les médias. La tendance,
loin d’être inversée avec l’arrivée au pouvoir de Macky Sall, s’est renforcée
avec un certain nombre d’interpellations de médias et de journalistes.
Dans la vidéo qui suit, Ndiaga Loum donne son opinio sur le pluralisme de l'information...
Dans la vidéo qui suit, Ndiaga Loum donne son opinio sur le pluralisme de l'information...

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